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Interview de Christian Paillard pour Le Moniteur

SPX (Sylumis by Projets X) Lighting est basée à Lieusaint, au cœur du parc d’activités économiques du Levant. Le rachat de la partie muséographie de la société Sylumis (fabrication d’éclairages électriques), alors en difficulté financière, a permis à Christian Paillard d’étoffer son équipe. Cette dernière est désormais composée de 8 personnes, dont quatre commerciaux et deux ingénieurs. SPX travaille notamment avec des musées nationaux (Louvre, musée d’Orsay), mais aussi à l’export (Russie, Quatar, Royaume-Uni, Espagne).

Moniteur de Seine-et-Marne : Pourquoi avoir choisi la Seine-et-Marne ?

Christian Paillard : D’abord parce que le lieu était avantageux pour l’ensemble de mes collaborateurs. Ensuite, les prix pratiqués, notamment les loyers, sont relativement attractifs comparés à ceux de la petite couronne. Enfin, ce secteur géographique est appréciable, avec les autoroutes A6 et A5 à proximité de nos locaux.

MSM : Quelles sont vos perspectives de développement ?

C.P. : La société étant toute récente, le but du jeu est d’avoir une progression, en chiffre d’affaires et en rentabilité. Nous allons embaucher une personne à moyen terme en marketing, et faire en sorte de développer nos parts de marché, de nous faire connaître. Le but est au moins d’asseoir le nouveau nom de la société, de faire comprendre qu’elle est repartie sous une nouvelle appellation.
Nous attendons d’un autre côté de savoir ce que vont donner les élections. Nous travaillons fréquemment avec des établissements publics, mais bon nombre de budgets sont bloqués. Par exemple, le musée du Louvre et le musée d’Orsay dépendent directement du ministère de la Culture. Or, s’il n’y pas de budget alloué, il n’y a pas d’investissement possible.

MSM : La conjoncture vous est-elle favorable ?

C.P. : L’activité redémarre, notamment privée. Nous sentons une certaine émulaton, mais il faudrait que tout ce qui est annoncé par les établissements publics sorte à temps. Certains projets prévus depuis plus d’un an ne sont toujours pas mis en place. Réaliser un vrai prévisionnel, comme auparavant (sur 6 mois, voire un an), reste difficile, et l’élection présidentielle n’arrange pas les choses.

MSM : Comment avez-vous vécu cette reprise de société ?

C.P. : Cette reprise a été particulièrement difficile : il a fallu trouver des financements, des locaux, racheter les stocks de l’ancien fabricant… etc. La société Projets X, avec un capital de 1000 euros, n’était pas forcément destinée à se diversifier autant, il a donc fallu que je me porte caution. Trouver des partenaires financiers, les convaincre, n’a pas été non plus chose facile, j’ai du solliciter 3 banques avant d’être financé. Fort heureusement, j’avais un très bon expert-comptable qui m’a aidé à monter un très bon dossier. Malgré tout, les processus restent long, les réponses à nos questions mettent trop de temps à arriver, y compris pour acheter les véhicules, ou même pour avoir nos locaux. Il a fallu que je me porte caution pour à peu près tout…
Je pensais que ce serait beaucoup plus rapide, et que l’entreprise serait soutenue par l’Etat. Mais l’Etat ne donne aucun coup de main, si ce n’est la BPI, qui n’octroie ses aides qu’au bout de trois ans. Or, généralement, lorsque l’on a besoin d’aide, de lever des fonds, c’est tout de suite.

MSM : L’esprit français est-il en cause ? Quelle politique faudrait-il mettre en place ?

C.P. : En France tout est compliqué. Il faudrait qu’une personne, peu importe sa couleur politique, s’occupe des petites structures. L’état soutient les grandes entreprises, et oublie les TPE et PME. Pourtant, ce sont ces structures en dessous de 100 personnes qui font vivre la France, et qui embauchent. Nous ne bénéficions d’aucun dégrèvement ou crédit d’impôt. Nous devons nous débrouiller par nos propres moyens, aller nous battre auprès des banques. C’est bien sûr le travail du chef d’entreprise, mais nous avons aussi du business à faire, des clients à aller chercher. Or, nous les mettons de côté pour aller nous battre auprès des organismes financiers, et nous perdre dans tous ces méandres administratifs.

MSM : Pensez-vous avoir atteint votre vitesse de croisière ?

C.P. : Nous ne sommes opérationnels que depuis septembre 2016, donc nous n’avons pas du tout atteint notre vitesse de croisière. Pour l’atteindre, il faut se donner les moyens, et sortir des difficultés que je viens d’évoquer.

le  – Quentin CLAUZON

Source : Le Moniteur

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